En lien avec l’expo en cours de l’artiste Enrique Rios

Vus par hasard, des ex-voto du Québec, au Musée Marguerite-Bourgeoys dans le Vieux-Montréal dimanche dernier.  Une vitrine logée dans la crypte sous la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours en présente au moins 6 de ces objets de piété qu’on attribue davantage à la culture religieuse mexicaine qu’à celle d’ici. On y voit des cœurs en métal contenants des photos, d’autres des listes de noms,  des miniatures de pieds et de mains et  d’autres offrandes en souvenir d’un être disparu, pour obtenir une faveur, pour rendre grâce. On y voit aussi un cœur impressionnant avec  flamme et transpercé d’une épée, portant l’inscription Isle Perrot, 1848. Des témoignages touchants d’une autre époque.

C’est aussi une partie importante de l’univers artistique d’Enrique Rios qu’il partage avec nous dans des œuvres où il se représente lui-même  au centre d’une histoire qu’il nous raconte. Ce faisant il modifie l’usage de l’ex-voto traditionnellement destiné à l’église pour le faire entrer au salon, c’est-à-dire dans le domaine du quotidien, comme un élément d’une histoire familiale,  un objet-témoignage qu’on garde avec soi et à la vue.

Les ex-voto de Rios, ni tristes ni morbides, sont d’habiles supports à la communication des sentiments et redonnent toute sa place à l’individu et à son histoire personnelle en dehors des conventions actuelles qui voudraient, semble-t-il, que toute forme d’expression, pour être entendue, doive obligatoirement passer par la dernière technologie.

Enrique Rios est un artiste montréalais, né en Californie d'un père portoricain et d’une mère mexicaine, dont le récent travail peut être vu à la Galerie Carte Blanche jusqu’au 12 novembre.

Ernest-ó